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Mis à jour le 02/11/20

DURGENCE LAMOUR

à l'occasion de La Fabrique du Nous, avec l'IAC. Visite enseignants le mardi 17 novembre à 18 heures.



 

207, rue Francis-de-Pressensé
69100 VILLEURBANNE
Direction : Cyrille NOIRJEAN

Chargée de médiation
Blandine DEVERS
Prof relais
BELPOIS Franck

04.72.65.33.34
L’Institut d’art contemporain et URDLA proposent un nouveau projet destiné à se renouveler tous les deux ans à Villeurbanne : La Fabrique du Nous, une invitation à la création et à la rencontre à l’échelle du territoire. Comment apprendre ensemble à construire du lien avec l’art en partage ?

À l’IAC Rituel.les, à URDLA :

Présence et absence du corps sont les problématiques centrales et communes aux deux expositions. Comment en cerner un contour et parvenir à le désigner à travers objets, mots et images ?(1)

Née en 1992, Maïté Marra vit et travaille à Villeurbanne. Après avoir pratiqué la photographie durant un an au Canada, aux côtés de Jean-François Bérubé, elle intègre les Beaux-Arts de Lyon dont elle sera diplômée. Au cours de son cursus, elle effectue une année de césure pour se former à la céramique à l’école nationale supérieure des arts visuels de La Cambre. Jeune diplômée, Maïté Marra est accueillie en résidence à la Villa Médicis à Rome ou elle y présente les prémices de son travail avec l’objet scanner : un ensemble d’images prises en contact direct avec la vitre. Maïté Marra fait également partie de l’équipe de recherche Art Contemporain et Temps de l’Histoire des Beaux Arts de Lyon.

À URDLA, elle interroge la fabrique singulière d’un nous sur le fil de la parade amoureuse à partir notamment de la figure érigée par le cinéma hollywoodien de Cary Grant.

Sentiment d’étrangeté entre l’immobilité et le mouvement de la lumière qui donnent à voir quelque chose de vivant mais fugace.

La proposition se déroule en deux lieux, dans les archives la présentation de Monument 600 dpi, installation immersive composée de dix écrans qui projettent de manière aléatoire soixante films. Le scanner, qui se met en marche pour capter une image à 600 dpi, constitue la seule lumière de ces espaces intimes, quotidiens. Il opère comme une machine à cinéma déterminant par mécanisme la durée d’apparition de l’image, éclaire les espaces, sculpte d’ombres mobiles les visages et les corps immobiles. Le visiteur, balayant du regard les différents écrans, est invité à réaliser son propre montage. Mais le scanner agit aussi comme une machine sensuelle : la lumière caresse les corps et les objets puis les abandonne. La lumière révèle et enregistre, archive et dévoile. Cette oscillation lente, qui donne le temps d’un regard immersif, tend le regardeur jusqu’au point d’étrangeté qui se teinte de mélancolie.

L’allumette, c’est l’apparition de l’image dans une forme d’aveuglement.

Le 15 décembre s’inaugure dans les espaces d’exposition DURGENCE LAMOUR, en écho avec la figure de Cary Grant, précisément sa performance ambiguë dans North by Northwest (La Mort aux trousses) d’Alfred Hitchcock. La boîte d’allumettes, aux initiales du personnage Roger O. Thornhill, ROT, constitue, dans sa main, l’objet premier du départ du rituel. De son côté Eve Kendall entre dans la danse avec : « I never discuss love on an empty stomach. » Ça matche, ça allume des corps érotisés par les mots et l’image. Pourtant les corps de l’un et de l’autre sont politisés et socialisés par des pouvoirs s’exerçant sur eux. L’enchevêtrement des situations, les glissements d’images se faufilent entre les métaphores, les sous-entendus et les références au cinéma. La flamme de l’allumette qu’on craque aveugle plus qu’elle n’éclaire.

DURGENCE LAMOUR et les recherches autour de la figure de Cary Grant tentent d’être rebond, pirouette : trouver un ressort tragi-comique pour maintenir une forme de vitalité.

Maïté Marra invite à se saisir de la complexité et des finesses qui se dissimulent derrière les représentations archétypales. Cary Grant, issu des milieux du cirque et de la danse, n’est pas sans lien avec Polichinelle, personnage de l’improvisation, qui ne meurt jamais, qui ne cesse de renaître : corps-Janus qui rit quand il devrait pleurer, pleure quand il pourrait en rire, mange, défèque, dort…

Fragmentation, éclatement, travestissement, retournements de situation, burlesque, cascades… la flamme est aussi bien celle de la séduction que celle du rituel, à l’origine du feu qui brûlera le bonhomme carnaval, marquant ainsi la fin de la saison froide et expiant les maux de la communauté.

DURGENCE LAMOUR est aussi un recueil que le visiteur pourra consulter et dont une lecture sera donnée le 19 novembre en soirée. Il rassemble des fragments arrachés à leur contexte, des écrits comme autant de souffles, comme ce qui déborde, déborde le corps.

Déplacement de motifs et de mots ainsi procède l’exposition qui transforme la problématique vertigineuse de la fabrication et de l’enregistrement de l’image au travail dans l’œuvre de Maïté Marra en une métaphore tragi-comique.

(1. Maïté Marra, extrait d’un entretien enregistré le 30 septembre 2020.)

https://urdla.com/blog/lamour-a-lestomac-cyrille-noirjean/
https://urdla.com/blog/got-a-match-blandine-devers/
https://urdla.com/blog/la-fabrique-du-nous/

pour école de la confiance